18/07/2006

Ce qu'en dit Panthotal dans "Pan" (12-7-06)

UN SACRE LIVRE ! /Julie Guerlan fait en ce moment sa Première communion avec le public aux éditions du Grand Miroir à Bruxelles. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce roman singulier touche par la grâce de son style et par la fraîcheur de son ton juvénile où le malheur quotidien se dissout dans les bonheurs d’écriture. Une petite fille de six ou sept ans raconte sa vie dans une famille de chez nous au début des années septante. Avec la sagesse que lui confère son âge, celui de la raison, elle fait face à un père nourricier, Richard, qui l’appelle « mon frère », et à une mère pécheresse, répliques de leurs ascendants, en se posant, entre les gâteaux au chocolat, les crèmes à la vanille et une grand-mère revêche, des questions existentielles : si Dieu existait, croirait-il en elle ? Et pourquoi maman, qui ne croit pas en Dieu, l’invente-t-elle quand elle cherche une place de parking ? La narratrice a l’œil aiguisé : « Aux fêtes entre copains, maman sourit de ce sourire qui ne tient pas bien sur ses lèvres parce que ce n’est pas le sien. » Aucun pathos pour dire le drame, car les mots sont illusoires : « savoir le nom des océans n’a jamais empêché personne de se noyer. » Un sacré livre, dans lequel le verbe haut se fait chair tendre pour mieux dévoiler les lourds secrets d’une condition humaine, trop humaine, où chacun recherche son père véritable… Panthotal

Les commentaires sont fermés.