23/04/2006

 

4. C’est Pascale, ma meilleure amie, qui m’a appris la prière et qui me l’a écrite surun buvard rose. Notre Père, qui êtes aux Cieux.`J’ai caché le buvard dans une poche de mon cartable. Un souffle léger porte mes chevilles et en marchant je vole un peu. On n’est jamais vraiment orphelin. Du haut du ciel, Il veille sur nous, toujours. Pascale me l’a juré.Je déborde d’une gratitude immense. Maintenant, ça n’a plus d’importance si mes parents sont parfois un peu difficiles.Mon vrai père est dans le ciel.Pour mon vrai père dans le ciel, je ramasse tout ce qu’il y a de plus beau sur la Terre : des cailloux lisses, des tickets de cantine roses, et aussi des trèfles. Pour Lui je fais des dessins, j’invente des chansons, je collectionne les billes en plastique des cartouches d’encre vides. Pour lui je garde une multitude de billes transparentes entassées comme un trésor dans un pot de yaourt.Un jour je me suis dessinée, sur un tout petit papier. Je me suis dessinée avec un chignon, habillée de ma plus belle robe, la rouge, celle qui a un plastron à carreaux noirs et blancs.J’ai aussi dessiné mon grain de beauté sur le front, mes bras trop maigres et la cicatrice sur mon menton qui me rappelle toujours que je ne dois pas faire la sotte en grimpant sur des piles de chaises. J’ai caché mon dessin dans ma farde en attendant qu’on aille chez l’oncle Robert.

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